Adrien Cotonat
Je suis parti au Sénégal en 2011, afin de réaliser un documentaire et c’est dans ce contexte que j’ai rencontré Ousmane Masseck Ndiaye, ministre du Tourisme, qui m’a proposé de m’engager en tant que réalisateur pour sa nouvelle télévision, “La Chaîne Sénégalaise”. Quelques mois plus tard, il m’en confiait la direction. De retour en France en 2016. Je retrouve la réalisation, notamment à France 3 où je tourne plus de 200 reportages pour Les matinales, et j’exerce aussi en tant que cadreur, comme dans Le Cours de la Vie (de Frédéric Sojcher avec Agnès Jaoui et Géraldine Nakache). J’ai finalisé début 2023 mon premier long-métrage documentaire, Jigeen Ni, la voie des femmes, en coproduction avec Canal+. Le tournage s’est fait en plusieurs étapes sur trois années, un travail de longue haleine qui m’a permis d’être en immersion avec l’orchestre de femmes que je filmais. Raconter leur histoire a donné au film en création un but, celui de participer à l’évolution de l’orchestre. Un lien réciproque s’est créé, donnant sens à mon travail. J’ai pu immédiatement enchaîner avec d’autres projets, notamment la réalisation du film In Situ où j’interroge les rapports entre lieux patrimoniaux et création contemporaine, à partir de la réalisation d’une œuvre architecturale par un artiste plasticien. Ou la série documentaire Parcs Paradoxes, avec la chaîne Ushuaïa TV, qui explore les paradoxes de la préservation de la nature par l’aménagement. Enfin, en 2024 France Télévision m’a confié l’écriture et la réalisation d’un film qui s’inscrit dans une collection de six documentaires sur la jeunesses en France, je suis actuellement en post-production de Madrediosa, fière déter et panthère, un film avec la jeunesse Queer de Montpellier. Ces expériences m’encouragent à poursuivre dans la voie du film documentaire tel que je l’expérimente. Les tournages, sur des temps parfois longs, au plus près des protagonistes et de leur environnement, mettent en mouvement des questionnements qui nourrissent les pistes entrevues et en ouvrent de nouvelles. J’aime que le documentaire donne à voir, à entendre, à ressentir, sensoriellement, émotionnellement, tout en suscitant réflexion et curiosité. Je suis profondément convaincu que le cinéma documentaire est un outil essentiel pour interroger notre monde